Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Cabaret Voltaire
Le 4 février prochain, le Parlement, réuni en
congrès à Versailles, doit procéder à la modification de la Constitution française préalable à la ratification du Traité européen de Lisbonne, clone de la Constitution européenne rejeté par les
électeurs en 2005.
Le président de la République entend ignorer la voix du peuple, et organiser la passage en force de ce texteultralibéral, atlantiste, antidémocratique, destructeur pour les services publics. Pour
exiger un référendum, et affirmer que ce que le peuple a défait, seul le peuple peut le refaire, des citoyens ont lancé sur la Toile un appel à manifester ce jour là à Versailles, comme le peuple
de Paris au commencement de la Révolution française. L'appel, pas encore repris par des politiques, semble rencontrer un large écho.
Le site Tous à versailles recense les initiatives, sert de carrefour et de plate-forme logistique pour l'organisation de ce
rassemblement.
Un appel à relayer.
Il est des « ruptures » que Nicolas Sarkozy est plus prompt à prendre en compte que d’autres. Celle avec l’Église, actée en 1905 par la loi de
séparation de l’Église et de l’État, n’est pas encore digérée par ce représentant de la droite néoconservatrice. En acceptant, le 20 décembre, d’être intronisé « chanoine d’honneur de
Saint-Jean-de-Latran » (1) au Vatican par le pape Benoît XVI, le président de la République française administre les derniers sacrements à la laïcité. Ce
faisant, il marche dans les pas de Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac… « Rupture » ? Avant lui, seuls Georges Pompidou et François Mitterrand avaient
refusé l’hommage, contraire à la conception française de la séparation de l’Église et de l’État. Rien d’étonnant à ce que Nicolas Sarkozy, lui, l’accepte : il a multiplié les
gages de bonne foi envers la religion, ne cessant de magnifier « 2 000 ans de chrétienté ».(1) Du nom de la cathédrale de la capitale du catholicisme.
http://www.humanite.fr/2007-12-20_Politique_Sarkozy-enterre-la-laicite-au-Vatican
En 1982 Roma Napoli et de J.J. Dow Jones fondent le groupe Dix10. L'accord s’établit sur la question de l'oeuvre d'art dans son contexte de marché. Le premier supermarché d'art créé en janvier 83 dans le quartier Beaubourg est l’exposition événement qui révèle leur travail au grand public. Depuis ils montent leurs installations régulièrement.
Exposition . La galerie les Singuliers, à Paris, accueille
des oeuvres de Paella, plasticien interventionniste, agitateur de nos consciences.C’était en 2004, une exposition à la Fête de l’Humanité. Sous la promesse de « l’Art comme un sport de combat », des affiches de Paella succédant à celles que les communards placardaient en 1 871 sur les murs de la capitale. Filiation ? « L’affiche, c’est le papier de la canaille », disait Jaurès. Eh bien, Paella en est…
Si cet énigmatique personnage à tête spiralée vous semble si familier, c’est que Paella Chimicos, dès 1985, couvre Paris de ses affichettes acides ou drôles, toujours acérées. Premiers champs de bataille : le chantier du nouveau Louvre et les palissades enserrant Beaubourg. De murs en gouttières et couloirs de métro, il s’approprie l’espace public, à l’image de cette génération d’artistes qui s’est épanouie dans la rue, à l’ombre des parcours officiels : Banlieue-Banlieue, Speedy graphito, Miss-Tic…
Un peu comme les rayons qui se dégagent des protagonistes des fresques urbaines de Keith Haring, Paella fait du personnage polymorphe et anonyme qui peuple ses tableaux comme ses affiches sa marque de fabrique, sa signature. Son intention : « faire sourire les gens avec des mots et des images sur la société et l’actualité ». Bien que l’artiste s’en défende, soucieux de s’en remettre à la rencontre avec le regard du spectateur, les slogans ou aphorismes claquent comme le « concentré d’une époque ».
Flash-back. 1 985. L’euphorie de 1981 est déjà loin. Le tournant de la rigueur a le goût amer de la désillusion, le sida bouleverse les rapports amoureux. C’est l’ère des golden boy et des gagneurs. Puis la chape de plomb des années Pasqua, le mouvement étudiant contre la réforme Devaquet se solde par l’assassinat de Malik Oussékine par les voltigeurs motoportés de la police nationale. Paella observe, grince, épingle, avec humour, insolence. Avec, surtout, ce singulier mélange de distance et de conscience. Son arme favorite : le second degré. Son idéologie : « la conscience artistique ». « Parce qu’un combat pictural se mène en connaissance de l’ennemi et des armes dont on dispose, pour que l’oeuvre existe par la mise en évidence du processus créateur », écrit-il, dès 1989, dans sa profession de foi.
Ses tracts et ses affiches sérigraphiées aux allures de pamphlets ou de chroniques du quotidien ont, dans ces années anesthésiques et apolitiques, comme un parfum de mai 1968 : « La chienlit, c’est Paella », proclame l’une d’entre elles, frappée de l’ombre d’un général spiralé. Sa Juliette Binoche à la poitrine exubérante déride, en 1987, les plus dépressifs des passants. L’artiste ne s’arrêtera plus. L’entreprise de détournement du médiatico-politique ne connaît pas de pause. En 1995, il conjecture un prémonitoire « Banlieues, cités : retour à l’oppresseur ». Altermondialiste avant l’heure, il constate froidement, en 1996, en étiquetant son personnage d’un code-barres, que « tout s’achète et tout se vend ». Il met aujourd’hui en scène un tapageur Shark aussi.
Jamais péremptoires, les affiches comme la peinture de Paella sont avant tout une invitation à la libre réflexion. Sur le monde qui nous entoure et les
chemins tortueux qu’il emprunte. La « figuration délibérée » de l’artiste est confrontation des images et des mots. Au spectateur de tisser les fils sens qu’ils recèlent.
"Objectivation de consciences", œuvres récentes
Exposition du 13 décembre 2007 au 15 février 2008.
A la Galerie les Singuliers 138 Bd Haussmann
Lundi-vendredi 10h30/13h & 14h/16h
Et regardez bien... Qui distingue -t-on au milieu
? Mais si, sous le poing doré qui écrase un avion US... Ben oui, la petite et candide Rama Yade. Mais si, vous savez, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, celle qui a dit, à la
veille de la visite de Khadafi à Paris : "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds
du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". Une petite sortie qui lui a valu quelques coups de brosse à reluire dans les médias.
Une version consolidée du Traité
de Lisbonne qui recycle la constitution européenne rejetée en 2005 par les électeurs enfin disponible ici sur le site de
l'Assemblée nationale. Bel et louable effort "démocratique", qui intervient à la veille de la signature du texte, jeudi, par les chefs d'Etat et de gouvernement. Ben quoi? Le texte était disponible
depuis le 29 novembre. Z'aviez qu'à faire un effort, citoyen, pour vous renseigner sur ce qu'on signe en votre nom!
Il y a quelques jours, j'étais à Alger.
Sur les hauteurs de la ville, qui surplombent cette splendide baie, la ville blanche semblait enveloppé de quiétude. Pourtant je ne pouvais pas m'empêcher de penser aux terribles attentats du
11 avril, qui avaient endeuillé la capitale algérienne. Je pensais aussi à cet enfer que le peuple algérien avait traversé seul, isolé, pendant une interminable décennie. Il a fallu que les fous de
dieu frappent les tours jumelles pour que le monde se réveille, que les yeux de la communauté internationales daignent se poser, a posteriori, sur ce cauchemar.
Qu’est-ce qui manque le plus aux moines ?…
Un autre son de cloche !
Dans ce monastère triste et désœuvré qu’est devenue l’Algérie, tous les clochers sont en berne. Félés, misérables et laids, ils continuent de sonner le glas de nos espérances. C’est la fanfare
préférée de nos gouvernants, constamment en prières, genoux au pied du seul dieu dont ils se réclament : le Pouvoir.
Depuis l’indépendance du pays le 5 juillet 1962, les faux dévots du régime refusent de se relever, de relever la tête pour voir le gâchis qu’ils occasionnent à cause de leur entêtement à imposer
une conduite obsolète et stérile et que tout le peuple décrie. Ils refusent de se remettre en question et de se mettre au travail. Quel travail ? Ils n’ont jamais su ce qu’il signifie.
Hypocrites, ils s’évertuent à nous casser les oreilles à coups de slogans creux, nous infantilisant, nous abrutissant d’année en année, d’élections bidon en élections contre nature, jusqu’à nous
rendre complètement fous. Ces artisans de nos déconfitures n’arrêtent pas de nous décevoir. A chaque banqueroute, ils nous promettent de revoir leurs copies et de se corriger, et oublient
l’essentiel : ce ne sont pas leurs copies qui sont en cause, mais eux-mêmes. Lors des dernières élections législatives, le peuple algérien a été clair. En n’allant pas voter, il leur a signifié
qu’il ne voulait plus d’eux. Jamais taux d’abstention n’a été aussi péremptoire et expéditif. Ce cri de désespoir a-t-il été entendu ?… Non ! Le système sclérosé cherche à se maintenir coûte que
coûte, grâce à ses hypocrisies. Les mêmes incompétences nous proposent les mêmes malheurs. Les mêmes opportunistes menacent notre hypothétique devenir. Que faire ? Où donner de la tête ? A quel
saint se vouer ?… C’est la perplexité, le dégoût, la rage au cœur qui officie dans nos rues. Qu’attendre d’un système en total décalage avec la mondialisation effrénée en train de bouffer la
planète entière ? Qu’attendre d’une gouvernance qui a sinistré nos écoles et nos universités, mis à genoux nos institutions et nos entreprises, aggravé la fuite hémorragique de nos cerveaux,
élargi les fractures sociales, dénaturé les rapports humains, avili la citoyenneté, travesti nos rêves, dénaturé nos aspirations avant de creuser le lit de la déferlante islamiste et jeter le
pays dans la crue des horreurs et du sang ? Les années de terreur et d’assassinats, les milliers de morts et d’attentats n’ont toujours pas éveillé nos gouvernants à la réalité des choses. Nos
villages massacrés, nos villes abâtardies, nos idoles immolées comme les moutons de l’Aïd n’ont finalement servi à rien. Les mêmes gueules nous narguent du haut des tribunes, la même épée de
Damoclès surplombe nos nuques basses. Après tant de deuils et de traumatismes, le peuple algérien se retrouve à la case départ, otage du même système pourri et face aux mêmes incertitudes. La
corruption a atteint des proportions sans précédent. Pour vous faire délivrer un extrait de naissance ou le moindre document à la mairie, il vous faut graisser la patte. Tout le monde rackette
tout le monde : le guichetier, le flic, l’administrateur, le plombier, l’éboueur, le boucher. Les dépassements, les injustices et les humiliations quotidiennes sont en passe de transformer notre
pays en une jungle inextricable et mortelle. Devant un tel fiasco, la colère attend d’autres discours séditieux pour replonger la société dans une nouvelle décennie noire alors que l’on n’a pas
fini de faire le deuil de celle du terrorisme. Les Algériens sont fatigués. Ils sont conscients des malheurs qui les guettent, mais le système s’en fiche. Nos gouvernants ne pensent qu’à leurs
fonds de commerce, leurs petites magouilles et leur trafic d’influence. Même les fauves sentent le danger. Pas nos gouvernants. Ces derniers sont insatiables, inconscients, toujours à l’affût du
filon, jamais alertés par leurs abus ou la dangerosité de leur irresponsabilité. Aujourd'hui, notre jeunesse touche le fond. Elle ne voit que deux issues : rejoindre l’Europe ou rejoindre le
terrorisme. Elle n’a pas d’autres choix car rester au pays, à l’ombre des murs, c’est accepter de moisir comme des fruits précoces tombés de leurs branches. Tous les soirs, des groupes
d’adolescents sautent sur des embarcations de fortune et mettent le cap qui sur l’Espagne, qui sur l’Italie, prêts à mourir noyés dans la mer obscure plutôt de subir un jour de plus l’état de
désolation plurielle qui sévit au village ou dans le quartier. Tous les matins des initiatives heureuses sont repoussées par une administration stalinienne, des tentatives d’investissement, des
études pour la relance économique, de véritables bouffées d’air sont proposées par de jeunes entrepreneurs, et chaque fois, le système les décourage en leur opposant des démarches bureaucratiques
insensées et des pots-de-vin de quoi soûler la terre entière. Pourtant, l’Algérie n’est pas morte. Elle regorge de talents, par endroits de génie. Elle est encore aimée par ses enfants qui ne
demandent qu’à lui venir en aide. Je les ai rencontrés en Europe, en Asie, aux USA, partout où je suis allé. Ce sont des hommes et des femmes splendides, des énergies colossales, des chances
inouïes qui ne rêvent que d’une chose : rendre à l’Algérie sa beauté, sa dignité, ses rêves perdus. Nous avons un pays fantastique, riche et encore vierge, un eldorado en jachère, un futur grand
Etat capable de rayonner sur la Méditerranée. L’Algérie est une Amérique qui s’ignore. Elle rassemble toutes les potentialités pour rivaliser avec les pays de la rive d’en face, participer à
l’essor du Bassin méditerranéen et contribuer à l’émancipation du Maghreb. C’est là une réalité évidente, mais il existe une autre incontournable : le système doit disparaître. Nos gouvernants
doivent comprendre que leur place est au musée de la Bêtise humaine ou bien à la fourrière. Il faut qu’ils cèdent la place à la fraîcheur des énergies nouvelles, modernes, cette élite qu’ils ont
chassée ou disqualifiée, ces Algériens porteurs d’espoirs et de compétence, beaux comme leurs rêves, purs comme leurs convictions. Alors seulement une ère flamboyante s’installera dans mon pays
où l’islamisme, né de la décadence et des humiliations, n’aura aucune raison d’être, où la démocratie, le travail, la liberté et l’intelligence seront les grands repères des Algériens de demain
et de toujours.
Y. K.
Le site de Yasmina Khadra
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||