Jeudi 6 décembre 2007
REHABILITATIONS-FALSIFICATIONS-ET-INSTRUMENTALISATIONS-220x322.jpg Ce livre se veut cri d’alerte. Le cadavre du colonialisme empuantit toujours l’atmosphère, pour paraphraser François Mauriac... Une entreprise de réhabilitation de ce système est à l’œuvre. Réactionnaires, “nostalgériques”, anciens baroudeurs des guerres de décolonisation ont (re)commencé un travail patient et multiforme. Les laudateurs du colonialisme ont réussi le tour de force de faire passer un appareil idéologique des années 30-40-50 du siècle passé comme une nouveauté. La loi du 23 février 2005 n’était pas un épiphénomène, mais un épisode d’un mouvement de fond dans le monde des idées, et des actes. Cette constatation ne vise en aucun cas les historiens, avec lesquels il peut y avoir des débats, des désaccords, parfois des polémiques, mais qui appliquent les règles habituellement reconnues de la recherche historique. Aussi, face à cette offensive, il a paru nécessaire à un collectif d’historiens de rappeler quelques acquis de la recherche historique en matière coloniale.
 






HISTOIRE DE LA COLONISATION :
REHABILITATIONS, FALSIFICATIONS ET INSTRUMENTALISATIONS

sous la direction de Sébastien Jahan & Alain Ruscio

 

Editions Les Indes Savantes, collection Le Temps colonial, Paris, 2007
354 Pages — Format : 170 x 240 mm — ISBN : 978-2-84654-168-8 — Prix 32 €

Contributions de Sidi Mohammed Barkat, Anissa Bouayed, Michele Brondino, Catherine Coquery-Vidrovitch, Philippe Dumont, Vincent Geisser, Mohammed Harbi, Sébastien Jahan, Gilles Manceron, Gilbert Meynier, Rosa Moussaoui, François Nadiras, Jean-Philippe Ould-Aoudia, Mickaëlla Perina, Delphine Robic-Diaz, Alain Ruscio, Odile Tobner, Trinh Van Thao, Jan Vandersmissen.

La France du début du XXI è siècle a la fièvre… post-coloniale. Aussi étonnant que cela puisse paraître – et que cela paraîtra aux historiens de l’avenir – le débat sur « l’œuvre de la France outre-mer » a été réactivé et a de nouveau enflammé les passions. Une loi de février 2005 – heureusement amputée de son aspect le plus choquant par la suite – a prétendu imposer aux historiens, mais aussi au public, une lecture unilatérale de l’histoire coloniale française. Epiphénomène ? Non point, affirment les auteurs de ce livre, historiens, philosophes, politologues, journalistes, responsables associatifs… Il y a bel et bien un retour de l’esprit colonial, illustré par mille et un autres petits et grands faits de la vie politique contemporaine, de la réhabilitation de certains tueurs OAS au discours de Dakar (juillet 2007), de l’insulte contre les harkis (« sous-hommes ») à l’exaltation d’une identité nationale que certains rêvent blanche et chrétienne.

S’ils dénoncent ce retour, les auteurs ne prêchent pourtant en aucun cas la repentance, ce concept né hors de la sphère de la recherche historique. Ils se contentent de rappeler à la décence les laudateurs du système. Ils exigent que les officiels de ce pays abandonnent leur morgue et regardent l’Histoire coloniale en face. Dans la France pluriethnique et pluriculturelle d’aujourd’hui, c’est un enjeu, on en conviendra, qui dépasse largement les débats académiques.

Sommaire

Première partie : Histoire, Mémoire(s) : enjeux

  • Mickaëlla Perina : Travail d’histoire, travail de mémoire : la République à l’épreuve de son devenir
  • Sidi Mohammed Barkat : Les « rapatriés » d’Algérie et le simulacre de la loi
  • Gilles Manceron : L’historien et la société : le cas de l’Histoire coloniale et des comparaisons avec le nazisme
  • Trinh Van Thao : La « mission civilisatrice » en question. Le système éducatif indochinois (1862-1945) est-il un échec programmé ?
  • Catherine Coquery-Vidrovitch : De la culture coloniale à la postcolonialité ; le rôle de Vichy

Deuxième partie : Comment on raconte l’Histoire

  • Sébastien Jahan : Histoire-épopée et mémoire sélective. Remarques sur l’historiographie du premier Empire colonial français
  • Anissa Bouayed : Variations sur un thème oriental : inflexions, silences, points d’orgue et résonnances de la perception du monde arabo-musulman dans l’école laîque
  • Delphine Robic-Diaz : La guerre d’Indochine revue et corrigée par le cinéma américain des années 1950
  • Philippe Dumont : L’Indochine racontée aux enfants. Une histoire mal ficelée en guise d’Histoire officielle
  • Odile Tobner : Une très fausse image des choses. Du droit et de la liberté de critiquer le discours dominant. Remarques préliminaires
  • Alain Ruscio : Les guerres coloniales sont-elles finies ? L’activité mémorielle des réactionnaires, nostalgériques, anciens OAS, militants d’extrême-droite…
  • Gilles Manceron : Hélie Denoix de Saint Marc ou la fabrication d’un mythe
  • Mohammed Harbi & Gilbert Meynier : La dernière frappe du révisionnisme médiatique. Réflexions sur le livre de Georges-Marc Benamou, Un mensonge français. Retours sur la guerre d’Algérie
  • Jan Vandersmissen : Cent ans d’instrumentalisation de Léopold II, symbole controversé de la présence belge en Afrique centrale
  • Michele Brondino : La gestion de la fracture coloniale. Considérations sur les cas français et italien

Troisième partie : Expériences de terrain

  • Jean-Philippe Ould-Aoudia : L’OAS, aujourd’hui, au cœur de la République. De la falsification à la réhabilitation
  • François Nadiras : Toulon-Marignane : Histoires de plaques et de stèles. L’implication de la section toulonnaise de la Ligue des droits de l’Homme
  • Rosa Moussaoui : Internet : un espace propice à la réécriture de l’Histoire
  • Vincent Geisser : Le révisionnisme municipal. Montpellier sous le mandat Frêche (1977-2004)

Epilogue

  • Alain Ruscio : Le fond de l’air (colonial) effraie
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Jeudi 6 décembre 2007

torture2.JPG L’appel ci-dessous intitulé « France-Algérie : dépasser le contentieux historique » a été rédigé à l’initiative d’historiens français et algériens. Il a été signé par les personnalités qui avaient lancé le 31 octobre 2000 l’Appel des douze pour la reconnaissance par la France de la torture pratiquée durant la guerre d’Algérie : Henri Alleg, Josette Audin, Simone de Bollardière, Nicole Dreyfus, Noël Favrelière, Gisèle Halimi, et Alban Liechti. Il a reçu le soutien de nombreuses personnalités, tant françaises (Edgar Morin, Yvette Roudy, Françoise Seligmann, Roland Leroy, Guy Fischer, Jack Ralite, Yves Lacoste, Rony Brauman, Etienne Balibar, Lucette Valensi, Jean-Pierre Chrétien…), qu’algériennes (Wassyla Tamzali, Hocine Aït-Ahmed, Abdelhamid Mehri, Ali Haroun, Ali Yahya Abdennour…), et de personnalités qui estiment que le devenir – apaisé – des relations entre les deux pays est important (Mamadou Diouf, Pap Ndiaye, Fethi Benslama, Nadia Tazi, Sophie Bessis, Bachir Ben Barka…).

Au-delà de la critique des politiques mémorielles et des histoires officielles – aussi bien en France qu’en Algérie –, ce texte est une adresse « aux plus hautes autorités de la République française » pour « faire advenir une ère d’échanges et d’amitié entre les deux pays, et au-delà, entre la France et les pays indépendants issus de son ancien empire colonial ».

Il circule en Algérie comme France et a recueilli depuis sa publication le 30 novembre 2007 plus de 1000 signatures.

Ont participé à son élaboration ou sa mise au point, ou ont été consultés à son sujet, les historiens Gilbert Meynier (professeur émérite, université Nancy II), Éric Savarèse (maître de conférence en science politique, université de Perpignan Via Domitia), Raphaëlle Branche (maître de conférence, université Paris I), Jacques Frémeaux (professeur, université Paris I), Jean-Charles Jauffret (professeur, IEP d’Aix-en-Provence), Gilles Manceron, Sylvie Thénault (chargée de recherche, CNRS), Pierre Sorlin, Benjamin Stora (professeur à l’Inalco), Omar Carlier (professeur, université Paris VII), Ouarda Siari-Tenguour (université de Constantine), Kaoula Taleb-Ibrahimi (professeur de linguistique), Malika Rahal (IHTP, Paris), Hassan Remaoun (CRASC, université Es Senia, Oran), Sadeq Benkada (CRASC, université Es Senia, Oran), Lemnouar Merouche et Mohammed Harbi (professeur émérite, université Paris VIII) ; avec le soutien de Tewfik Allal (syndicaliste, président de l’Association du Manifeste des libertés), Brigitte Bardet-Allal (professeur de lettres), Charles Silvestre (journaliste, initiateur de l’Appel des douze) et François Gèze (éditeur).

France - Algérie : dépasser le contentieux historique

Le passé colonial ne cesse de resurgir, faisant obstacle à des relations apaisées entre la France et les pays qu’elle a autrefois colonisés. Dans ce passé, l’Algérie a une place particulière, en raison des drames qui s’y sont déroulés. Aujourd’hui encore, trop souvent, l’évocation de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) est soumise à la concurrence des victimes, avec leurs souffrances et leurs mémoires, alors que l’ensemble des citoyennes et citoyens des deux rives de la Méditerranée aspirent à passer à autre chose. Mais pour construire un avenir de partage, il faut, au présent, regarder en face le passé.

L’histoire apprend, au premier chef, que le système colonial, en contradiction avec les principes affichés par la République française, a entraîné des massacres de centaines de milliers d’Algériens ; et qu’il les a dépossédés, "clochardisés" - pour reprendre le terme de l’ethnologue Germaine Tillion - à une grande échelle, exclus de la citoyenneté, soumis au code de l’indigénat, et sous-éduqués, au déni des lois en vigueur.

Elle nous apprend aussi qu’il y eut de multiples souffrances de Français, parfois déportés en Algérie pour raisons politiques, ou embrigadés dans les guerres coloniales, ou encore pris dans un système dont ils sont devenus, à son effondrement, les victimes expiatoires - comme l’ont été les harkis, enrôlés dans un guêpier qu’ils ne maîtrisaient pas -, sans compter ceux qui ont soutenu l’indépendance algérienne et qui en ont payé le prix.

Quelles qu’aient été les responsabilités de la société, c’est bien la puissance publique française qui, de 1830 à 1962, sous la Ve République, a conduit les politiques coloniales à l’origine de ces drames. Sans omettre la complexité des phénomènes historiques considérés, c’est bien la France qui a envahi l’Algérie en 1830, puis l’a occupée et dominée, et non l’inverse : c’est bien le principe des conquêtes et des dominations coloniales qui est en cause.

En même temps, nous sommes attentifs aux pièges des nationalismes et autres communautarismes qui instrumentalisent ce passé. Ainsi qu’aux pièges d’une histoire officielle qui utilise les mémoires meurtries à des fins de pouvoir, figeant pour l’éternité la France en puissance coloniale et l’Algérie en pays colonisé. Et c’est précisément pour les déjouer - comme pour déjouer les multiples formes de retour du refoulé - que nous voulons que la souffrance de toutes les victimes soit reconnue, et qu’on se tourne enfin vers l’avenir.

Cela peut être accompli non par des entreprises mémorielles unilatérales privilégiant une catégorie de victimes, mais par un travail historique rigoureux, conçu notamment en partenariat franco-algérien. Plus fondamentalement, dépasser le contentieux franco-algérien implique une décision politique, qui ne peut relever du terme religieux de "repentance". Et des "excuses officielles" seraient dérisoires. Nous demandons donc aux plus hautes autorités de la République française de reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie. Une reconnaissance nécessaire pour faire advenir une ère d’échanges et de dialogue entre les deux rives, et, au-delà, entre la France et les nations indépendantes issues de son ancien empire colonial.

Paris-Alger, le 30 novembre 2007

Signer cet appel


Premiers signataires
 

Lahouari Addi (sciologue), Hocine Aït-Ahmed (président du FFS, Algérie), Zineb Ali-Benali (professeur de lettres), Sanhadja Akrouf (responsable associatif), Tewfik Allal (syndicaliste, président de l’Association du Manifeste des libertés), Henri Alleg (directeur d’« Alger républicain »), Elisabeth Allès (anthropologue), Hélène d’Almeida-Topor (historienne), Salihka Amara (professeur de lettres-histoire), Linda Amiri (historienne), Josette Audin, Allassane Ba (juriste), Bertrand Badie (professeur IEP de Paris), Malika Bakhti (ingénieur), Etienne Balibar (philosophe), Brigitte Bardet-Allal (professeur de lettres), Sidi Mohamed Barkat (philosophe), François Becker (secrétaire général du Réseau européen Eglises et libertés), Yahia Belaskri (journaliste, écrivain), Bachir Ben Barka (Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante), Djamaledine Benchenouf (journaliste), Sadek Benkada (historien), Nouredine Benissad (avocat), Hamida Bensadia (responsable associative), Fethi Benslama (psychanalyste), Fatima Besnaci-Lancou (éditrice), Sophie Bessis (historienne, journaliste), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne), Pierre Boilley (historien), Simone de Bollardière, Charles Bonn (professeur émérite Lyon-II), Raphaëlle Branche (historienne), Mostefa Bouchachi (avocat), Mourad Bourboune (écrivain), Khedidja Bourcart (maire adjointe de Paris), Saïd Bouziri (responsable associatif), Rony Brauman (médecin), Pierre Brocheux (historien), Omar Carlier (historien), Nadia Chaabane (formatrice), Alice Cherki (psychanalyste), Catherine Choquet (universitaire), Jean-Pierre Chrétien (historien), Suzanne Citron (historienne), Elio Cohen-Boulakia (urbaniste), Catherine Coquery-Vidrovitch (historienne), Monique Crinon (sociologue), Ahmed Dahmani (économiste), Jacky Dahomay (professeur de philosophie), Jocelyne Dakhlia (historienne), Kamel Daoud (chirurgien), François Della Sudda (professeur de lettres), Alain Desjardin, Kalidou Diallo (historien), Mamadou Diouf (historien), Karima Direche-Slimani (historienne), Habiba Djahnine (cinéaste), Ahmed Djouder (éditeur), Jean-Pierre Dozon (anthropologue), Nicole Dreyfus (avocate), Jean-Pierre Dubois (juriste, président de la LDH), Nassera Dutour (Association des familles de disparus en Algérie), Ali El-Baz (Association des travailleurs maghrébins en France), Driss El-Yazami (journaliste, secrétaire général de la FIDH), Armelle Enders (historienne), Jean-Luc Einaudi (écrivain, journaliste), Nabile Farès (psychanalyste), Noël Favrelière, Jean-Jacques de Felice (avocat), Guy Fischer (sénateur), Jacques Frémeaux (professeur d’histoire), Yvan Gastaut (historien), Jean-François Gavoury (président de l’Association des victimes de l’OAS), François Gèze (éditeur), Laurent Giovannoni (secrétaire général de la Cimade), Bachir Hadjadj (écrivain), Mimouna Hadjam (présidente d’Africa 93), Sadek Hadjeres (responsable politique, Algérie), Gisèle Halimi (avocate), Abdelhafid Hammouche (sociologue), Mohammed Harbi (historien), Ali Haroun (ancien ministre, Algérie), Eric Hazan (éditeur, écrivain), Daniel Hémery (historien), Ahmed Henni (économiste), Jean-Robert Henry (juriste), Ghazi Hidouci (économiste), Badié Hima (philosophe), Hacène Hirèche (universitaire), Catherine Hodeir (historienne), Jacques Inrep (psychanalyste), Jean-Charles Jauffret (historien), Dominique Juhé-Beaulaton (historienne), Nadia Kaci (actrice), M’Hamed Kaki (responsable associatif), Anouar Koutchoukali (Justitia Universalis), Yves Lacoste (géographe), Camille Lacoste-Dujardin (anthropologue), Feriel Lalami (politologue), Mehdi Lallaoui (réalisateur, président de l’association Au nom de la mémoire), Madjid Laribi (journaliste), Philippe Lavodrama (enseignant), Michel Laxenaire (responsable associatif), Philippe Lazar (directeur de la revue « Diasporiques »), Henri Leclerc (avocat, président d’honneur de la LDH), Gilles Lemaire (écologiste), Roland Leroy (membre honoraire du Parlement), Alban Liechti (association Cause anticoloniale), Françoise Lorcerie (politologue), Lotfi Madani (sociologue), Alain Mahé (anthropologue), Gilles Manceron (historien), Marc Mangenot (économiste-sociologue), Ngo Manh Lan (économiste), Gustave Massiah (économiste), Claire Mauss-Copeaux (historienne), Abdelahamid Mehri (ancien secrétaire général du parti FLN), Salima Mellah (journaliste, Algeria-Watch), Rachid Mesli (avocat), Lemnouar Merouche (historien, professeur émérite, université d’Alger), Eric Mesnard (historien), Samia Messaoudi (journalise, association Au nom de la mémoire), Fabienne Messica (philosophe), Arezki Metref (écrivain, journaliste), Gilbert Meynier (historien), Nadir Moknèche (cinéaste), Edgar Morin (sociologue), Georges Morin (politologue, président de l’association Coup de soleil), Valérie Morin (historienne), François Nadiras (responsable du site LDH-Toulon.net), Pap Ndiaye (historien), Jean-Philippe Ould Aoudia (président de l’association « Marchand, Feraoun et leurs compagnons »), Paul Pandolfi (anthropologue), Zohra Perret (psychanaliste), Laure Pitti (historienne), Tramor Quemeneur (historien), Malika Rahal (historienne), Françoise Raison (historienne), Faranirana Rajaonah (historienne), Jack Ralite (ancien ministre), Hassan Remaoun (historien), Annie Rey-Goldzeiguer (historienne), Yvette Roudy (ancienne ministre), Alain Ruscio (historien), Noureddine Saadi (juriste, écrivain), Eric Savarese (politologue), Leïla Sebbar (écrivain), Françoise Seligmann (présidente d’honneur de la LDH), Brahim Senouci (universitaire), Ouarda Siari-Tengour (historienne), Charles Silvestre (initiateur de l’Appel des Douze du 31 octobre 2000), Mohammed Smida (juriste), Pierre Sorlin (historien), Benjamin Stora (historien), Kaoula Taleb-Ibrahimi (professeur de linguistique), Wassyla Tamzali (avocate, écrivain), Christiane Taubira (députée de Guyane), Nadia Tazi (philosophe), Jean-Claude Tchicaya (association Devoirs de mémoires), Emmanuel Terray (anthropologue), Sylvie Thénault (historienne). Michel Tubiana (avocat, président d’honneur de la LDH), Lucette Valensi (historienne), Michèle Villanueva (historienne), Georges Wajcs (président du Cercle Gaston-Crémieux), Ali Yahia-Abdenour (président d’honneur de la LADDH), Bernard Zimmermann (responsable associatif).




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Jeudi 22 novembre 2007

soccer-piss.jpg Lu sur le blog de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles.

"L’histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe anti-musulmane devant ses invités. Selon mes sources, le chef de l’Etat (photo: Thierry Monasse) s’est lancé dans un monologue confus d’une vingtaine de minutes, « dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire», contre le « trop grand nombre de musulmans présents en Europe » et leurs difficultés d’intégration. Il a aussi décrit de façon apocalyptique le « choc de civilisation » qui oppose les musulmans à l’occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Union. Mais ses interlocuteurs, qui n’en sont toujours pas revenus, ne sont même pas sûrs de l’avoir bien compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec l'objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18 et 19 octobre. Ils en ont, en tout cas, retiré la désagréable sensation que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs.
Cette idée du "choc des civilisations" a déjà été développée, de façon plus policée, par le chef de l'Etat, dans une indifférence assez étonnante, le 27 août dernier, dans son discours aux ambassadeurs. Il avait alors expliqué que le "premier défi, sans doute l'un des plus importants" auquel doit faire face la France est : "comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident? Ce n'est pas la peine d'employer la langue de bois : cette confrontation est voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda qui rêvent d'instaurer, de l'Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que le XXIe siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre les idéologies". Pour Sarkozy, "nous aurions tort de sous estimer la possibilité" "d'une confrontation, entre l'Islam et l'Occident":  "l'affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur". Dès lors, la surprise de Bertie Ahern et de Fredrik Reinfeldt s'explique: ils n'avaient sans doute pas lu ces quelques lignes."

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/11/sarkozy-et-les-.html

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Lundi 12 novembre 2007
capital-isme2.JPG

Pour un dessein alternatif.
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Samedi 10 novembre 2007
Suite du grand opéra bouffe mis en circulation sous le nom de Sarkozy. Quand le petit homme joue les Tony Montana à 3 centimes...

 


Sarko bafouille en mode vénère


La même scène, mais du point de vue des pêcheurs....

 


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Samedi 10 novembre 2007
affiche-esclavage.gif La semaine prochaine s'ouvre, sur l'île de Gorée, au Sénégal, le Gorée Diaspora Festival, rencontre culturelle autour de la mémoire de la traite négrière.  Entretien avec le maire de la ville, Me Augustin Senghor.


Votre ville accueille la troisième édition du Gorée Diaspora Festival. Quel est l'objectif de cette manifestation°?¶

Augustin Senghor. Le Gorée Diaspora Festival a été crée, il y a trois ans, par les associations de l'île de Gorée, en partenariat avec la municipalité. C'était une manière pour nous de contribuer à l'oeuvre de mémoire de la traite négrière. A travers ce festival, nous voulions ouvrir la porte du retour, en opposition à la fameuse porte du voyage sans retour qui se trouve à la Maison des esclaves de Gorée. Nous nous sommes dit qu'il était temps de provoquer, par l'entremise de cet évènement, le retour des frères de la diaspora, des descendants d'esclaves noirs. Il s'agit aussi d'élargir notre horizon, pour faire en sorte que Gorée passe du statut de simple sanctuaire de l'esclavage à celui de lieu de rencontre entre tous les peuples. Pour échanger sur la mémoire de l'exclavage, non pas dans un souci de mémoire contemplative, mais justement pour tirer les leçons de cette tragédie et resserrer ainsi les liens entre les différents peuples.¶

Comment la population de Gorée vit-elle la charge symbolique de cette île°?¶
Augustin Senghor. Si Gorée est devenue le site qu'elle est aujourd'hui, elle le doit au fait qu'il ne s'agit pas d'un simple musée. C'est une île avec son hstoire, mais aussi avec sa communauté vivante, qui joue, elle-même, un rôle de témoin de l'histoire. L'exemple vivant en est Babacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves. Il n'est pas historien de formation, mais c'est lui qui a fait en sorte que Gorée soit reconnue comme patrimoine mondial, que la maison des esclaves acquiert l'image forte qui est aujourd'hui la sienne. L'autre exemple fort, c'est ce Gorée diaspora festival, qui est vraiment l'affaire des populations. Parce qu'elles ont bien compris la profondeur du rôle de Gorée dans la traite négrière, mais aussi leur propre rôle par rapport à la communauté internationale pour valoriser cette mémoire.¶

Comment voyez-vous la résurgence, en France, d'un discours qui nie les conséquences de l'esclavage, puis du colonialisme, sur la situation de l'Afrique actuelle°?¶

Augustin Senghor. C'est l'un des aspects que nous aborderons lors de cette édition. Lorsque nous parlons de mémoire partagée, c'est pour interpeller ceux qui, par souci de refuser des faits historiques avérées, se réfugient dans une approche amnésique de la mémoire de la traite négrière. Aujourd'hui, il s'agit justement de lutter contre cela. Un fort courant révisionniste existe. Il mène son action en trois dimensions. La première consiste à s'attaquer aux symboles de la mémoire de la traite négrière. J'ai eu à lire de nombreux articles remettant en cause la place de Gorée dans la traite négrière. Tantôt aussi, ce sont des arguments qui tiennent à une entreprises de bonne concience °: «°Si vos ancêtres ont ét été déportés, c'est le fait d'Africains qui les ont vendus.°» Enfin, la dernière dimension, c'est cette dimenson pécuniaire qu'on a tenté d'introduire en posant la question de la réparation. Réduire cette question à une dimension strictement matérielle, est, à mon avis, un danger. Pour ces raisons, nous disons que l'objectif du Gorée Diaspora Festival n'est pas simplement de dire «°un peuple a fait souffrir un autre peuple.°» L'intérêt de cette œuvre de mémoire, c'est de nous tourner vers un monde où l'on comprend enfin que, quelle que soient les origines, quel que soit, aussi, le passé qui a pu nous lier, il faudrait que l'on se tourne résolumment vers un monde de compréhension mutuelle, de tolérance entre les peuples. C'est de cette manière là que l'on peut combattre ceux qui travaillent à imposer l'amnésie collective. Les laisser faire, c'est la porte ouverte à d'autres crimes.¶

Comment jugez vous le discours prononcé cet été à Dakar°par le président français ?¶

Augustin Senghor. Nous avons été meurtris par ce discours. Loin de moi l'idée de stigmatiser le président de la République Française en lui même. Mais dans son contenu, ce discours rétrograde témoigne d'une méconnaissances des réalités passées et actuelles.

http://www.goreediasporafestival.org/

 

 

 

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Mercredi 7 novembre 2007

 

  ps-2007-hebdoantisarko.jpg Les géométries variables de "l'équité"

Un article de Frédéric Lordon, chercheur au CNRS (*) dans l'Humanité du 7 novembre 2007

L’ahurissante augmentation du salaire présidentiel a été légitimement rapprochée du dramatique problème de pouvoir d’achat en France.

Il est vrai qu’à l’image de l’inénarrable député Lellouche, qui s’indigne que "le président soit payé comme un petit cadre moyen" - 8 000 euros mensuels, les "petits cadres moyens" se sont évidemment reconnus… -, cette affaire a tout pour révéler l’effrayante distorsion des normes induites par la coupure du personnel politique, et donne un équivalent dans son genre de la confusion "du pain et de la brioche" qui faisait jadis les situations prérévolutionnaires.

Il n’est pourtant pas certain que la question générale du pouvoir d’achat soit la seule mise en rapport possible, ni même la plus scandaleuse.

Car les principes justificateurs allégués par les auteurs mêmes de cette grande avancée sociale n’ont pas hésité à faire référence à l’« équité », suggérant par là de penser davantageà la réforme des régimes spéciaux, aussi étonnant que ce rapprochement puisse d’abord sembler. À en croire ses partisans les plus inquiets, le président Sarkozy se trouvait en effet dangereusement lésé d’une inégalité de revenu en comparaison de son « collaborateur » François Fillon. Qui pouvait douter que les gouvernements de droite soient plus attachés à la réduction de certaines inégalités que de certaines autres ? Le point intéressant est cependant ailleurs, et réside plutôt dans la parfaite symétrie, mais évidemment à fronts renversés, des diverses façons de réaliser l’« équité ».

Le salaire de M. Sarkozy est inférieur à celui de MM. Fillon, Bush et Brown, par conséquent il doit être augmenté. L’âge de la retraite des cheminots est plus bas que celui des salariés du privé, par conséquent il doit être retardé. L’identité formelle des deux cas est remarquable : il existe un écart, cet écart est qualifié d’anomalie, il est donc déclaré légitime de la réduire. Les différences réapparaissent quand on considère la pluralité des réductions possibles : car si A diffère de B alors qu’il devrait lui être égal, on peut aligner A sur B, B sur A, ou les deux en un point intermédiaire. Fin de l’arithmétique et début de la politique. Ainsi l’équité est-elle ce concept aux usages très politiques puisque, merveilleusement polyvalent, il s’offre à justifier tous les ajustements par le haut pour certains, et tous les ajustements par le bas pour les autres.

Il y a donc, au sens le plus stratégique du terme, quelque chose qu’on peut bien appeler une « politique de l’équité », politique de l’ajustement différencié, dont on peut dire qu’elle opère en pratique comme un art du précédent. Car tout est dans la brèche inaugurale, celle qui va créer la différence initiale, mettant en mouvement ensuite le discours automatique de la « réduction ». L’art de « l’équité par le bas » consiste à trouver un point faible. Par exemple, les salariés du privé. Plus vulnérables, moins syndiqués, ils sont tout désignés pour recevoir en premier le choc des régressions. Une fois le coin enfoncé, il n’y a plus qu’à attendre.

Car on peut compter sur le matraquage idéologique par médias interposés pour rendre obsédante l’idée de « l’écart » et, une fois les esprits « attendris » - comme on dit de la viande trop dure -, imposer comme seule solution possible l’égalisation dans la déveine. L’art de « l’équité par le haut » recherche, lui, une référence brillante, un hors norme auquel s’accrocher - pour reconstruire la norme, en plus avantageux. Par exemple, un président étranger, un premier ministre qu’une législature antérieure a réussi à propulser en douce, ou pour une autre catégorie, très préoccupée elle aussi de cette forme-là « d’égalité », les « patrons américains ». Les patrons américains font peu ou prou le même travail que les patrons français. Mais force est de constater qu’ils sont beaucoup plus riches. L’injustice est manifeste, le rattrapage s’impose…

C’est peut-être parce que le rattrapage ne s’impose que pour ces « injustices »-là, parce que l’« équité » est devenue ce critère à géométrie si honteusement variable qu’il y a un enjeu politique décisif dans les mouvements de résistance à la réforme des régimes spéciaux, condamnés, eux, à la mauvaise équité et à la propagande du ressentiment, celle qui persuade les salariés attaqués en premier que le progrès social n’existera plus pour eux et ne leur laisse plus que l’espoir triste de voir tous les autres « ajustés » à leur tour.

De toutes les escroqueries intellectuelles du libéralisme économique, la plus accomplie est probablement celle qui aura consisté en la captation réussie du thème de l’égalité pour en faire le motif de l’arasement général des conquêtes qui, à défaut de faire la vie « bonne » aux salariés, la leur faisaient moins mauvaise. Et l’on peut compter sur cette lecture libérale particulièrement vicieuse de l’égalité pour démanteler le CDI sous prétexte qu’il en est de plus en plus qui sont au CDD, pour supprimer complètement le repos dominical puisque certains travaillent déjà le dimanche, ou, pourquoi pas, pour déplafonner sans restriction le temps de travail au motif que l’on compte déjà beaucoup de surmenés.

À l’image du discours d’inversion qui fait passer l’opposition à la régression pour du conservatisme, et les « pas encore ajustés » pour des « nantis », la réforme des retraites ne cesse de revendiquer la « justice » et n’est pas loin de se donner pour « sociale »… Il est peut-être temps de remettre à l’endroit ce parfait sens dessus dessous. C’est pourquoi la lutte contre la réforme des régimes spéciaux offre une occasion de ne surtout pas manquer de récupérer « l’égalité » et d’en réaffirmer le sens originel, qui n’a jamais été celui de la convergence pour le pire.

(*) Bureau d’économie théorique et appliquée.

http://www.humanite.fr/2007-11-06_Tribune-libre_Les-geometries-variables-de-l-equite

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Mercredi 7 novembre 2007

RTEmagicC-oc-en-concert250-03.jpg.jpg Avec la publication des « Chants berbères de Kabylie » qu’il tenait de sa mère, le poète Jean Amrouche confia, dans sa préface, avoir eu l’impression de se dessaisir d’un « trésor privé », d’un « bien de famille ». Mais, ajoutait-il, « il n’est pas de meilleure manière de préserver de la destruction une richesse ». Ce sont ces mots qui viennent d’abord à l’esprit à l’écoute de ces chansons de l’immigration algérienne. Parce qu’elles aussi appartiennent à un héritage tout à la fois intime, familial et collectif.

Ces refrains-là, composés le soir après l’usine par des artistes travailleurs immigrés, ont pris leur envol dans les cafés algériens du Paris populaire, dans les années 40, 50, 60 et 70. A l’aube du châabi, l’influence de musiciens juifs du Maghreb y épousa, dès les années 40, la voix frêle, les textes ciselés ou les chants d’amour de Cheikh el Hasnaoui. Le maître, qui quitta, à la fin des années 30, une Algérie qu’il ne devait plus jamais revoir, était révolté par la condition misérable des siens, contraints, par milliers, à l’émigration. Sages ou frondeuses, les paroles du poète kabyle Slimane Azem, nourri des Fables de la Fontaine et des "isefra"* de l’aède kabyle Si Mohand u M’hand, subjuguaient le public ouvrier.

Appris par coeur, murmurés, fredonnés, ces refrains sont restés. Ils ont bercé bien des enfants de France. Magnéto grésillant, parfum d’exil et faconde poétique... Ils ont une saveur familière en même temps qu’une inestimable valeur affective. Frisson, quand ces chansons restituent le froid au coeur du déracinement, la nostalgie de la terre natale, chérie comme une bien-aimée. Colère, quand elles mettent en mots la sombre condition des ouvriers immigrés. Espoir, quand cette parole subtile, libre et subversive fait revivre la dignité des combats qui jalonnèrent près d’un siècle d’immigration algérienne en France.

Dans le sillage de Motivés, qui a donné une savoureuse seconde vie aux chants de lutte et de résistance, Mouss, Hakim et les musiciens qui les accompagnent, en extirpant ces chansons des marges, se font les passeurs d’un précieux patrimoine artistique et politique. Serge Lopez, Jean Luc Amestoy, Lionel Suarez, Manu Vigourous, Julien Costa, Julien Talavera et Rachid Benallaoua insufflent à ce répertoire une enthousiasmante énergie, le réinventent tout en lui demeurant fidèle. C’est qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Certains étaient déjà de l’aventure 100% Collègues : le collectif toulousain s’était frotté avec plaisir à la chanson kabyle, en revisitant Aït Menguellet.

Kabyle, arabe, français : par la magie de la musique, Hakim et Mouss font aujourd’hui émerger des entrelacs des trois langues un idiome intelligible à tous. Ils retissent, ainsi, les fils de la transmission et font acte de partage. L’idée a surgi et pris forme au confluent du désir artistique et de la militance, au fil des éditions du festival « Origines Contrôlées », organisé chaque automne à Toulouse par le Takticollectif. Elle s’est nourrie d’une une conviction.

La mémoire de l’immigration que recèlent ces chansons, fruits de la rencontre entre une littérature orale séculaire et les multiples influences rencontrées dans l’exil, participent pleinement de l’identité de la France. Une identité que rien ne saurait figer.

En ce sens, c’est bien de la France d’aujourd’hui que ces chansons nous parlent. Du creuset qu’elle demeure en dépit de tous les replis. Créer, c’est partir d’une origine pour embrasser l’universel. De Zebda au tandem de leur dernier album, au gré des pérégrinations, des rencontres et des expériences collectives, tout le parcours de Mouss et Hakim en témoigne. « Origines contrôlées » s’inscrit dans ce cheminement. Avec toujours, la même chaleur. Et l’humanisme chevillé au corps.

* poèmes

Voir le sujet sur le site de la Télé Libre ici



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Mardi 6 novembre 2007
Le bureau national du Parti socialiste s’est prononcé mardi soir pour le "oui" au Traité de Lisbonne qui reprend l'essentiel du contenu de la constitution européenne rejetée massivement, par les électeurs, en mai 2005. Le résultat de cette décision (36 voix pour, 20 contre, 2 abstentions et 1 personne ne prenant pas par au vote) montre que les clivages demeurent pourtant sur une question fondamentale quant au choix de société. Car, contrairement a ce que proclame Sarkozy, la sacro sainte libre concurrence, comme les pleins pouvoirs à la banque centrale européenne, restent sauf dans ce traité qui amende les traité déjà existants.
Dans l'entretien qui suit, François Hollande prend, en quelque sorte, acte du fait que ce qui a été rejeté par les urnes reviendra par la voie parlementaire.

 

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Mardi 6 novembre 2007
Spéciale dédicace au plan B. En kiosque ce mois-ci.

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Voilà, ça fait du bien.
http://www.leplanb.org

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