Humeur

Samedi 22 novembre 2008


Pour paraphraser Marx, qui lui même s'inspira de Hegel, l'histoire se répète pour ainsi dire trois fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce... et la troisième comme pantalonnade intégrale.



" Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui
l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".


Victor HUGO, Napoléon, le Petit


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 8 mars 2008
indochine3grandkf6.jpg Par Alain Ruscio


Le retour de l’esprit colonial, souvent dénoncé (1), prend des formes diverses. Il y a le registre vengeur, illustré par les nostalgiques de Dien Bien ou les anciens de l’OAS. Il y a le registre raisonnable des politiques, relayés par des intellectuels médiatisés, dénonçant une repentance … que nul ne demande. Il y a, plus sournois, le registre anti-tiers-mondiste (“Voyez ce qu’ils sont devenus depuis que nous sommes partis“). Voici venue à présent la version exotico-touristique, avec force photos papier glacé représentant des hôtels de luxe, vieilles locos et tractions avant Citroën de ce temps-là. La Revue Désirs de Voyages, Arts de vivre et adresses secrètes, consacre son n° 6 (mars-avril 2008) à l’Indochine. Oui, cette Indo perdue, dont on ressuscite à l’occasion le nom, comme on ressort des tiroirs, dans la même livraison, la Cochinchine et le Tonkin. Quand on sait ce qu’a coûté aux pays de la région de larmes, de sang et de sueur le simple droit de s’appeler Vietnam, Laos et Cambodge, on reste confondu devant tant d’inconscience. Rappelons donc que l’Indochine, création française, est morte (du moins dans son acception politico-administrative) depuis 1954… Cinquante-quatre ans, deux générations... oh, si peu de choses.

En couverture, un titre, « De Dalat à Hanoï, voyage fascinant en Indochine », se détache sur une photo représentant un jeune bonze sur fond de fleuve aux couleurs ocrées et de montagnes embrumées. On a échappé de peu au coucher de soleil. L’éditorial de la directrice de la rédaction, Anne Lefèvre, est de la même veine, malgré la prudence des formules : « L’Indochine, qui regroupait le Vietnam, le Laos et le Cambodge, balade depuis la fin du 19 è siècle, un gracieux parfum de France. Nostalgie de l’époque ? Certainement pas pour les Vietnamiens ». On a eu peur que l’auteure oublie de le souligner. Mais « ce qui ne les empêche pas de considérer, parfois, ces années coloniales, ou plutôt ce qu’il en reste, comme faisant partie de leur patrimoine architectural et touristique. Ce patrimoine constitue aujourd’hui, pour certains d’entre eux, le nec plus ultra de l’exotisme et de la branchitude ! A Dalat, par exemple, la station la plus huppée du Sud-Est asiatique, on venait du temps de la Cochinchine se rafraîchir à 1.400 m. d’altitude, durant la période humide d’avril à octobre. La chute de Dien Bien Phu et les années de plomb du communisme ont eu raison de cet engouement. Mais, épargnée par la guerre, la région renaît depuis que le “Dalat Palace“ a rouvert en gardant le style des années 40. Certaines rues ont conservé des noms français ». Oui, bien sûr : ceux de savants, de médecins, qui ont honoré là-bas la France, et les Vietnamiens, conservant ces noms, ont prouvé qu’ils ne confondaient pas tout. Mais l’auteure aurait pu préciser que ni Jules Ferry, ni Albert Sarraut, ni aucun militaire n’ont, heureusement, laissé ce type d’empreinte. Continuons : « Le Marché central est toujours aussi animé. On y trouve des petits pois, des haricots et des carottes qui sentent bon la jardinière… ». C’est bien connu, le nuoc mam, lui, sent horriblement mauvais. « Et le quartier français, avec ses terrasses de café, est “the place to be“ pour les jeunes Vietnamiens… La boucle est bouclée. C’est une révolution… ».

Vient enfin un article de Franc Nichele intitulé « Un parfum d’Indochine », qui, « de la station d’altitude de Dalat, en Cochinchine, jusqu’à Hanoï, dans le Tonkin, en passant par les splendides ruines d’Angkor », propose un « voyage dans le souvenir de ces années coloniales au parfum de France et de nostalgie. »


Ça fait vendre du papier glacé ? C’est bien ce qui est grave. Ça fait venir des touristes ? Hélas ! Ça se fait avec l’accord ou la complicité de certaines autorités vietnamiennes ? Hélas ! Hélas ! Hélas !

Mais ces constatations ne peuvent nous dispenser de poser la question à nos journalistes : que diraient-ils si d’anciens occupants de la France publiaient un tel reportage exaltant… le parfum d’Allemagne et de nostalgie ? (sans établir le moindre parallèle entre les systèmes : c’est de l’esprit qu’il s’agit).

Inconscience, avons-nous écrit. Le pire est que ce n’est sans doute même pas du cynisme.

(1) Entre autre dans l’ouvrage publié sous la direction de Sébastien Jahan et de moi-même, Histoire de la Colonisation. Réhabilitations, falsifications et instrumentalisations, Paris, Les Indes Savantes, 2007

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 25 décembre 2007
s--paration---glise---tat.jpg Il est des « ruptures » que Nicolas Sarkozy est plus prompt à prendre en compte que d’autres. Celle avec l’Église, actée en 1905 par la loi de séparation de l’Église et de l’État, n’est pas encore digérée par ce représentant de la droite néoconservatrice. En acceptant, le 20 décembre, d’être intronisé « chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran » (1) au Vatican par le pape Benoît XVI, le président de la République française administre les derniers sacrements à la laïcité. Ce faisant, il marche dans les pas de Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac… « Rupture » ? Avant lui, seuls Georges Pompidou et François Mitterrand avaient refusé l’hommage, contraire à la conception française de la  séparation de l’Église et de  l’État. Rien d’étonnant à ce que Nicolas Sarkozy, lui, l’accepte : il a multiplié les gages  de bonne foi envers la religion, ne cessant de magnifier « 2 000 ans de chrétienté ».
Fervent partisan d’une « adaptation » de la loi de 1905 pour permettre le financement des associations cultuelles, Nicolas Sarkozy développe depuis plusieurs années une inquiétante conception de la laïcité, substituant la « liberté de religion » à la « liberté de conscience ». « Je continuerai à plaider avec force, mais sans prosélytisme, pour l’instauration de nouveaux rapports entre les religions et les pouvoirs publics », écrivait-il dans la République, les religions et l’espérance, un plaidoyer en faveur de la prise en compte du « fait spirituel » et de « l’importance de la question religieuse », paru en 2004. Ces orientations politiques ont trouvé leur traduction dans le rapport sur « les relations des cultes avec les pouvoirs publics » remis au ministre de l’Intérieur, en septembre 2006, par Jean-Pierre Machelon. Entre autres réformes préconisées par ce rapport : la possibilité, pour les collectivités, de participer directement et sans plafonnement au financement de la construction d’édifices religieux. Officiellement, de telles « adaptations » de la loi de 1905 visent un aggiornamento législatif rendu selon lui indispensable par le développement en France de religions comme l’islam et, surtout, le christianisme évangélique. En réalité, Nicolas Sarkozy entend faire jouer un rôle public aux communautés religieuses : gérer l’ordre social et combler le vide laissé par l’État minimal qu’il prépare.
Le Vatican se réjouit de la visite du représentant de « la fille aînée de l’Église ». Un rendez-vous « important », estiment les représentants de l’État religieux, compte tenu « des relations millénaires de la France et de l’Église ». Liens « étroits » que Nicolas Sarkozy n’avait cessé de souligner durant la campagne présidentielle, insistant sur son catholicisme et sur la part « déterminante » du christianisme dans « l’identité nationale » française. Et que, ministre de l’Intérieur et des Cultes, il cultivait, allant jusqu’à se signer lors d’une cérémonie religieuse, le 5 novembre 2004, lors de l’inauguration d’un méthanier sur les chantiers de Saint-Nazaire. Respectant certes la tradition chrétienne, mais pas la tradition républicaine.

(1) Du nom de la cathédrale de la capitale du catholicisme.

http://www.humanite.fr/2007-12-20_Politique_Sarkozy-enterre-la-laicite-au-Vatican


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 10 novembre 2007
Suite du grand opéra bouffe mis en circulation sous le nom de Sarkozy. Quand le petit homme joue les Tony Montana à 3 centimes...

 


Sarko bafouille en mode vénère


La même scène, mais du point de vue des pêcheurs....

 



Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 7 novembre 2007

 

  ps-2007-hebdoantisarko.jpg Les géométries variables de "l'équité"

Un article de Frédéric Lordon, chercheur au CNRS (*) dans l'Humanité du 7 novembre 2007

L’ahurissante augmentation du salaire présidentiel a été légitimement rapprochée du dramatique problème de pouvoir d’achat en France.

Il est vrai qu’à l’image de l’inénarrable député Lellouche, qui s’indigne que "le président soit payé comme un petit cadre moyen" - 8 000 euros mensuels, les "petits cadres moyens" se sont évidemment reconnus… -, cette affaire a tout pour révéler l’effrayante distorsion des normes induites par la coupure du personnel politique, et donne un équivalent dans son genre de la confusion "du pain et de la brioche" qui faisait jadis les situations prérévolutionnaires.

Il n’est pourtant pas certain que la question générale du pouvoir d’achat soit la seule mise en rapport possible, ni même la plus scandaleuse.

Car les principes justificateurs allégués par les auteurs mêmes de cette grande avancée sociale n’ont pas hésité à faire référence à l’« équité », suggérant par là de penser davantageà la réforme des régimes spéciaux, aussi étonnant que ce rapprochement puisse d’abord sembler. À en croire ses partisans les plus inquiets, le président Sarkozy se trouvait en effet dangereusement lésé d’une inégalité de revenu en comparaison de son « collaborateur » François Fillon. Qui pouvait douter que les gouvernements de droite soient plus attachés à la réduction de certaines inégalités que de certaines autres ? Le point intéressant est cependant ailleurs, et réside plutôt dans la parfaite symétrie, mais évidemment à fronts renversés, des diverses façons de réaliser l’« équité ».

Le salaire de M. Sarkozy est inférieur à celui de MM. Fillon, Bush et Brown, par conséquent il doit être augmenté. L’âge de la retraite des cheminots est plus bas que celui des salariés du privé, par conséquent il doit être retardé. L’identité formelle des deux cas est remarquable : il existe un écart, cet écart est qualifié d’anomalie, il est donc déclaré légitime de la réduire. Les différences réapparaissent quand on considère la pluralité des réductions possibles : car si A diffère de B alors qu’il devrait lui être égal, on peut aligner A sur B, B sur A, ou les deux en un point intermédiaire. Fin de l’arithmétique et début de la politique. Ainsi l’équité est-elle ce concept aux usages très politiques puisque, merveilleusement polyvalent, il s’offre à justifier tous les ajustements par le haut pour certains, et tous les ajustements par le bas pour les autres.

Il y a donc, au sens le plus stratégique du terme, quelque chose qu’on peut bien appeler une « politique de l’équité », politique de l’ajustement différencié, dont on peut dire qu’elle opère en pratique comme un art du précédent. Car tout est dans la brèche inaugurale, celle qui va créer la différence initiale, mettant en mouvement ensuite le discours automatique de la « réduction ». L’art de « l’équité par le bas » consiste à trouver un point faible. Par exemple, les salariés du privé. Plus vulnérables, moins syndiqués, ils sont tout désignés pour recevoir en premier le choc des régressions. Une fois le coin enfoncé, il n’y a plus qu’à attendre.

Car on peut compter sur le matraquage idéologique par médias interposés pour rendre obsédante l’idée de « l’écart » et, une fois les esprits « attendris » - comme on dit de la viande trop dure -, imposer comme seule solution possible l’égalisation dans la déveine. L’art de « l’équité par le haut » recherche, lui, une référence brillante, un hors norme auquel s’accrocher - pour reconstruire la norme, en plus avantageux. Par exemple, un président étranger, un premier ministre qu’une législature antérieure a réussi à propulser en douce, ou pour une autre catégorie, très préoccupée elle aussi de cette forme-là « d’égalité », les « patrons américains ». Les patrons américains font peu ou prou le même travail que les patrons français. Mais force est de constater qu’ils sont beaucoup plus riches. L’injustice est manifeste, le rattrapage s’impose…

C’est peut-être parce que le rattrapage ne s’impose que pour ces « injustices »-là, parce que l’« équité » est devenue ce critère à géométrie si honteusement variable qu’il y a un enjeu politique décisif dans les mouvements de résistance à la réforme des régimes spéciaux, condamnés, eux, à la mauvaise équité et à la propagande du ressentiment, celle qui persuade les salariés attaqués en premier que le progrès social n’existera plus pour eux et ne leur laisse plus que l’espoir triste de voir tous les autres « ajustés » à leur tour.

De toutes les escroqueries intellectuelles du libéralisme économique, la plus accomplie est probablement celle qui aura consisté en la captation réussie du thème de l’égalité pour en faire le motif de l’arasement général des conquêtes qui, à défaut de faire la vie « bonne » aux salariés, la leur faisaient moins mauvaise. Et l’on peut compter sur cette lecture libérale particulièrement vicieuse de l’égalité pour démanteler le CDI sous prétexte qu’il en est de plus en plus qui sont au CDD, pour supprimer complètement le repos dominical puisque certains travaillent déjà le dimanche, ou, pourquoi pas, pour déplafonner sans restriction le temps de travail au motif que l’on compte déjà beaucoup de surmenés.

À l’image du discours d’inversion qui fait passer l’opposition à la régression pour du conservatisme, et les « pas encore ajustés » pour des « nantis », la réforme des retraites ne cesse de revendiquer la « justice » et n’est pas loin de se donner pour « sociale »… Il est peut-être temps de remettre à l’endroit ce parfait sens dessus dessous. C’est pourquoi la lutte contre la réforme des régimes spéciaux offre une occasion de ne surtout pas manquer de récupérer « l’égalité » et d’en réaffirmer le sens originel, qui n’a jamais été celui de la convergence pour le pire.

(*) Bureau d’économie théorique et appliquée.

http://www.humanite.fr/2007-11-06_Tribune-libre_Les-geometries-variables-de-l-equite


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 5 novembre 2007
medium-Le-baiser.jpg
L’ADN se trouve dans la salive, ça livre des secrets quand on aime. A défaut, ça crache de la haine. 
L’A D N se trouve dans la peau, ça colle juste à la chair, pour certain c'est la chair de peau. 
L’ADN se trouve dans les cheveux, vœu pieux pour les chauves. 
L’ADN se trouve dans les tissus, ça habille tous les corps, et abîme quelques petits esprits. 
L’ADN à des nucléotides, c’est scientifique, pas de sens les flics. 
L’ADN adopte toutes les gènes, y’en a d’autres que ça gêne. 
L’ADN c’est devenu politique, le test ça pue ça sent le pot pourri populiste. 
L’ADN, est une cellule vivante, pourtant on mure et en plus on s’en vante.  
L’ADN c’est une sorte de premier cri de notre espèce, pour une cohorte l’écho de la bête.
L’ADN c’est un condensé d’humanité, une densité de cons à l’assemblée a pas capté.   
L’ADN c’est un truc microscopique, l’énormité d’un élu de la république.
L'ADN c'est trois lettres, un être étroit en a fait une loi.
Y’a des haines qui se livrent, écrire que l’on crache dessus ça rend libre.


e-slamiste

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 3 novembre 2007
archid.jpg Le salaire du président Français va être augmenté de 140% en 2008. Cette décision sera effective une fois que le budget 2008 aura été voté. M. Sarkozy gagnera donc 20 000€ bruts/mois au lieu de 8 300€ brut/mois. Motif : l’alignement de son salaire sur ceux des chefs d’états Européens qui gagnent le plus.

A l’heure où l’on demande aux Français de se serrer la ceinture, aux salariés du public d’abandonner leurs régimes spéciaux et de s’aligner sur ceux du privé, où l’on fait cadeau de sommes astronomiques aux plus riches, le président Français vient de faire un bras d’honneur sans précédents aux millions de Français qui peinent à boucler le mois, aux classes moyennes qui survivent sans prendre le temps de vivre.


Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 18 octobre 2007
goya-famille-royale.1179390888.jpg notmypresident-25.jpg




















Jeudi 18 octobre 2007. 300 000 manifestants ont battu le pavé, dans 130 villes de France, contre  les projets gouvernementaux en matière de retraite et de service public. JT de 20H, sur France 2. Le dossier du jour, traité sous tous les angles, c'est le divorce des Sarkozy. Le matin, comme la plupart des titres, et toutes les couvertures d'hebdos, un journal de gôôche, remaquillé en gratuit (toujours payant) pour bobos, fait sa une sur "L'AFFAIRE". "Leur histoire, c'est la nôtre", exhortent de médiocres réac dans leurs éditos.
Remake de l'écoeurante loghorée qui avait suivi la pseudo confession de Royal au soir des législatives. La politique, en France, en 2007, est un soap opera. Donnez leur du suspense, des assiettes cassées, des réconciliations dans des barques sur le Maroni. Ils oublieront les retraites, le pouvoir d'achat, leurs conditions de travail, les services publics, l'environnement et l'avenir de leurs gosses.

A lire : un texte publié par Acrimed  pendant la campagne présidentielle, le 26 janvier 2007, qui décrypte une dérive aux fins éminemment politiques,  Vous avez dit « peopolisation » ? (2) : L’art du portrait selon Le Monde, par Grégory Rzepski :

http://www.acrimed.org/article2542.html


 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 9 octobre 2007
Paris.gif "Dégueulasse". Après "A donf", "glandouille" et autres réjouissances lexicales, c'est le terme choisi par la sous-ministre aux banlieues, Fadela Amara, pour qualifier les tests ADN pour les candidats au reproupement familial. "Dégueulasse", l'instrumentalisation de l'immigration, s'est-elle indignée.  Un coup de gueule censé témoigner de la "liberté" dont le président de la République gratifierait, dans son immense mansuétude, les ministres témoins de sa prétendue "ouverture". Ce remarquable acte de rébellion lui a valu les invectives de Patrick Devedjian et d'autres députés UMP. La boucle est bouclée : le débat politique, jusqu'à la polémique, ont lieu dans les rangs du gouvernement et de la majorité qui, l'opposition anéantie, incarnent ainsi la totalité de la sphère politique.  "Dégueulasses", les tests ADN ? Oui. "Dégueulasse", aussi, l'usage fait de l'entrée au gouvernement d'Amara, Dati et Yade, présentées comme des "symboles". Des paravents, plutôt. Destinés à mieux faire passer la pilule amère d'une politique de l'immigration indigne, destructrice et irrationnelle. Mais aussi à disqualifier, d'entrée, ceux qui s'insurgent contre la digestion des thèmes du FN par cette droite que l'on disait "républicaine". Sarkozy sur les terres de Le Pen? Mais non, voyons, regardez : Fadela, Rachida, Rama...

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 8 octobre 2007

laporte-sarkozy-re.jpg Je dois faire partie des rares Français emplis de nausée en ces moments de liesse chauvine. Je dois avouer une vérité, politiquement incorrecte, je n’aime que très moyennement le rugby, et ne porte pas dans mon cœur le Quinze tricolore. Pourquoi me direz- vous ? N’est ce pas formidable cette communion populaire, cette joie de tout un peuple extasié devant le magnifique spectacle du David bleu terrassant le Goliath black. N’êtes  vous pas assez subtils pour apprécier la noblesse de ce sport, ses vertus de courage, d’abnégation, de camaraderie ? La solidarité dans le combat, le don de soi pour servir le maillot, et derrière ce maillot c’est la partie, le génie français, c’est vous, c’est moi, ensemble tous devient possible. Beurk !! A une époque où les bruits de bottes se font entendre au Proche Orient, où notre ministre qui fait ses affaires à l’étranger, avec Khadafi, les néocons US en Irak, nous parlent de guerre, le retour en grâce d’un sport vantant avant tout les vertus de la soldatesque ne m’inspire rien de bon. Le rugby c’est le petit bourgeois qui joue à la bagarre organisé, c'est-à-dire la guerre. Ce sont des calendriers avec des mecs bien baraqués, une esthétique un brin fascisante. C’est la troisième mi-temps bourrache entre mecs, c’est formidable on vous dit. Le Quinze de France, une officine Sarkozyste, dirigée par un affairiste futur membre d’un gouvernement qui joue l’ouverture à gauche, pour la photo, à l’extrême-droite pour les idées.

Rappelez-vous l’utilisation écœurante de la lettre de Guy Môquet, dont on a retiré sa dimension universelle de défense de la justice et de la dignité humaine, pour en faire un vulgaire instrument de propagande chauvine, doublé d’un grossier clin d’œil au sarkozysme. Peut être le général Laporte avait-il le souvenir des nazis réfugiés en Argentine, lorsqu’il a réclamé à ses soldats cette sinistre mise en scène ? C’est à l’école que l’on est censé relire le texte de Môquet, faudrait indiquer le chemin à Laporte.

Ce sont donc tous les symboles que charrie cette équipe qui me dérangent fortement l’estomac. Vivement la fin que l’on n'ait plus à subir des drapeaux partout, des mecs bourrés, et des bourrins faisant un bruit des cavernes lorsque le joueur hirsute dont le nom évoque du filet de bœuf, prend la balle.


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés